Le DVD d'installation de Fedora, que ce soit sur une cléUSB ou un DVD-RW, est toujours utile pour les bricoleurs. Il permet notament de dépanner un système Fedora qui ne peut plus démarrer, à condition d'être à l'aise dans l'invite de commandes. Alors ce post n'a pas pour but d'expliquer comment réparer Fedora puisque celà dépend entièrement de la personne qui a raté son essai, mais plutôt d'expliquer l'étape préliminaire qui permet de retrouver votre système Fedora comme si vous aviez démarré dessus normallement, afin de pouvoir procéder aux réparations nécessaires.

Après avoir sélectionné l'entrée GRUB « Réparer un système installé », une fenètre contextuelle demande si vous désirez que le DVD recherche, monte, puis chroote le volume de la racine de votre système. Personnellement ça n'a jamais marché ici, du coup je choisis de passer cette étape en sélectionnant « Skip », une autre fenètre contextuelle que je ne détaillerais pas apparait ensuite. À l'arrivée vous êtes censé avoir un prompt. Petite exclusivité de Fedora 18, notre prompt est lancé dans le Tmux de Anaconda, et sur les autres fenètres de Tmux on peut y voir tous les logs en temps réel générés par le programme.
Alors certes nous avons une invite de commande mettant à notre disposition l'intégralité des outils GNU/Linux, on a également tous les moyens pour contrôler le bon fonctionnement du programme Anaconda, mais on a toujours pas accès à notre système Fedora, celui installé sur le disque dur.

La première chose à faire est de changer l'agencement de clavier, car comme vous l'aurez constaté il est en qwerty. Si j'avais trouvé cette commande plus tôt je n'aurais pas réinstallé aussi souvent par le passé :
# loadkeys -u fr-latin9
Ensuite, si vous avez un ou plusieurs volumes chiffrés LUKS, il faut d'abord déverrouiller ces volumes :
# cryptsetup luksOpen /dev/sda2 luks-pv1
# cryptsetup luksOpen /dev/sda3 luks-pv2
# cryptsetup luksOpen /dev/sda4 luks-pv3

Il est toujours possible de tester si un périphérique /dev/sdxY est un container LUKS ou pas avec une commande indicative :
# cryptsetup luksUUID /dev/sdxY
Puis, si vous avez un ou plusieurs Groupe de Volumes LVM, il faut les activer. Si non, c'est que vous utilisez encore le système obsolète des partitions primaire (que je n'aborderais pas dans cette article) :
# vgchange -ay <nom_du_VG>
Alors évidemment pas la peine de devoir retenir par coeur le nom de son VG, on peut facilement retrouver les VG présent sur son disque dur à l'aide de la commande :
# vgs

L'avantage d'activer directement le groupe de volumes est que tous les volumes logiques (LV) sont eux aussi activés d'une seule passe. Maintenant que les volumes logiques sont accessibles, nous pouvons les monter de la façon la plus naturelle qui soit :
# mount /dev/mapper/<nom_du_VG>-<nom_du_LV> /mnt/lv1
Par exemple ici celà donne :
# mount /dev/mapper/vg_blackbird-LogVol01 /mnt/lv1
N'hésitez pas à appuyer sur [tab] pour bénéficier de l'autocomplétion. Une fois les bons volumes logiques montés, on peut désormais intervenir sur notre système endommagé. Avant de conclure cette article, j'ajouterais un dernier détail. Avant de chrooter sur votre système, rendre accessible les périphèriques /dev/* dans votre système peut être une bonne idée (notament pour réparer GRUB ou ce genre de chose) :
# mount -o bind /dev /mnt/lv1/dev
Et enfin la consécration :
# chroot /mnt/lv1

Selon les dégâts vous ne serez pas toujours obligé de faire un chroot, mais une chose est sûre, c'est qu'il est important de réparer. Du moment que l'on se souvient des actions ayant entrainé la défaillance de notre système Fedora, ce sera toujours facile de les inverser, et en plus c'est instructif.